Les jours se suivent et se ressemblent.
Des jours où la fatigue l'emporte et où même se mettre à table dans l'atelier me pèse.
Alors, je me repose, je glandouille devant l'ordinateur, je déplie les jambes qui me font souffrir et je prends mon mal en patience.
Je vois qu'un mot a retenu votre attention et vous avez froncé les sourcils ... l'atelier ? quel atelier ? Elle parle histamine et nous sort "l'atelier".
Ben oui, parmi tout ce que vous ne savez pas de moi, je suis .... un brin artiste, quoique je déteste ce mot assez présomptueux ... allez on va plutôt partir vers créative ! Oui c'est assez juste, créative.
Avec plein de lubies, d'idées, d'essais, de changement et de moments de doutes et également de grands moments de fierté pour moi-même et mon insatiable besoin de création.
Donc, je crée ... des cartes, des marques-pages, des carnets, enfin bon, je m'amuse.
Depuis que l'intolérance à l'histamine s'est aggravée, je m'y suis jetée encore plus à corps perdu, je n'ai plus aucun plaisir à manger et à boire, alors cette joie de création compense un peu et me donne du courage et une image de ma petite personne un peu plus positive.
Aujourd'hui, par contre, pas le moral, pas du tout.
Quel en a été le déclencheur ?
Bêtement, hier, j'étais en voiture avec mon mari et ma fille, assise côté passager.
J'ai vu mon reflet dans le rétroviseur et l'image que me rendait ce petit miroir m'a blessée.
J'y ai vu une image de moi triste, le coin des lèvres descendant amèrement et le regard vide.
Où est passée la femme au regard pétillant, le sourire aux lèvres, l'humour à tout bout de champs (bon parfois un peu limite, j'avoue), qui en voulait question boulot et responsabilités, qui rêvait d'une vie meilleure mais qui tenait bon, qui ne lâchait pas prise, qui se battait avec ses deux enfants ?
Oui où est-elle ? Ce qui est certain c'est que ce n'est plus la description que je donnerais de moi aujourd'hui !
Qui est cette femme dans le rétro ? Moi ! Moi après 5 mois d'intolérance à l'histamine, après 5 mois de privations et de malaises, d'urticaire, de palpitations et j'en passe à chaque fois que je réessaie un aliment.
D'ailleurs à quoi ça sert d'en essayer, à chaque fois, c'est la même chose, je réagis. Philippe, mon mari me dit "tu as déjà réessayer ça ?"
Pourquoi j'essaierais ? Comme la tomate ? Comme le pain ? Comme le cottage cheese ou la mozzarella ? Comme l'ail ou le poivre ?
Autant ne pas essayer parce qu'à chaque fois c'est la même rengaine ... j'essaie, ça gratte dans le cou ou sur les bras ou dans la figure, ça s'étend, ça démange de plus en plus ou alors, le malaise commence et ça se termine par le Rupatall parfois accompagné du Médrol suivi par la crise de larmes parce que non, décidément non, ça ne s'arrête pas, ça ne change rien les mois d'abstinence !
En fonction de l'intensité de la crise, le lendemain, fatigue et douleurs.
En parlant fatigue, elle s'installe après quelques heures de travail, j'ai des douleurs par ci, par là ..... je dois réinviter ma bouffe, je suis triste, je ne sors plus avec mon chéri, nous n'allons plus au resto, ....
Bon j'arrête là, je vais vous lasser par tant de plaintes.
Oui vous l'aurez compris c'est un jour sans, un jour douloureux comme il y en a eu tant et tant avant et comme il y en aura encore après.
Par contre aujourd'hui j'ai inventé une super recette ! Promis, je vous l'explique bientôt ! Je me suis régalée et là ... une fois n'est pas coutume !
